De l'exclusion

De l'exclusion

2011 aout (01)

Est-ce que le fait d'être persuadé d'avoir raison,

  • parce que nous avons quelques sciences et techniques,
  • parce que nous avons notre propre raisonnement sur les notions de bien et de mal,
  • parce que nous avons détruit nos traditions au nom de notre foi en notre progrès et en la supériorité de notre société,

Est-ce que ce fait peut nous autoriser à considérer convenable de contraindre les autres peuples à adopter notre mode d'existence et nos concepts?

 

Il est évident que pour ceux qui ont été nourris à la pensée et au mode de vie du monde occidental moderniste, il y a une injustice flagrante à constater que la majorité, à laquelle ils appartiennent, ne profite pas pleinement des bienfaits qu'elle a été contrainte de produire.

 

Il est tout aussi évident que dans un monde qui se déclare "le monde des droits de l'homme", l'absence d'une juste répartition des richesses et des ressources, cause première de misère et souffrances, est intolérable.

 

Tout comme, il est évident que les inégalités produites par l'humain de ce monde occidental moderniste sont une injure à la dignité humaine et au premier chef à ceux qui en sont née, qui y sont soumis.

 

Si la mondialisation est un fait, elle est principalement le fait de tous ceux qui tiennent l'ensemble du paradigme occidental, et de sa civilisation, comme le meilleur de tous et qui pensent que c'est un modèle suffisamment parfait pour pouvoir être exporté et être adopté par le reste de l'humanité... Fusses par des moyens contestables et détournés.

 

Ce tous inclus les bien-pensants qui dévaluent quotidiennement l'autre parce qu'il n'est pas comme eux, parce qu'il ne partage pas leurs croyances, parce qu'il ne vit pas selon la même culture.

 

Tiens, étrange... dans ce mot de culture, ne trouvons nous pas la racine cult... comme dans le culte... c'est à dire la croyance qui unifie et relie les membres d'un même groupe social?

 

Peut-être faudrait-il que l'on commence réellement à faire appliquer, dans nos propres territoires, c'est à dire là où nous vivons, les principes que nous voulons imposer ailleurs. Mais cela demanderait que chacun prenne la mesure de sa participation au système et assume sa part de responsabilité, ici et maintenant, avant même de militer, volontairement ou non, pour une exportation de cette civilisation du progrès.

 

Peut-être qu'il nous faudrait même cesser de porter des jugements sur ces autres modes de vie qui nous sont étranger.

Si nous pouvons vraiment par nos sciences et nos techniques produire des richesses et bienfaits, peut-être aussi que nous devons envisager la possibilité d'en faire bénéficier ceux qui voudrait vivre parmi nous et non aller chez eux pour exploiter leur territoire et les contraindre à nous servir, en ne leur laissant que l'illusion de nos discours creux...

 

Mais nous sommes pour l'heure incapable de cela, et cette impuissance nous pousse à cette forme d'impérialisme que nous pratiquons avec une certaine aisance. Ainsi, faute de pouvoir faire et obtenir pour soi, nous nous occupons de l'autre qui, bien souvent et à l'origine, n'a rien demandé.

 

Nous jugeons sa vie, dans ses relations intimes, dans ses croyances et ses rites, qui d'ailleurs nous sont totalement étrangers et que nous ne comprenons pas, dans son économie, dans sa manière de gérer les richesses de son territoire, comme si tout cela nous appartenait de plein droit, et qu'il n'était rien d'autre qu'un sous-humain, un inconscient atteint de déficience ou dégénérescence mentale.

 

Certes, il y a des choses à faire, mais la première transformation à opérer, et non révolution, est celle que nous devons réaliser sur nous même, pour nous même et par nous même. Et ceci avant toutes autres choses, car ne doutons pas que cette transformation individuelle entrainera la transformation de tous les systèmes, de toutes les sociétés, car la transformation sociale commence par soi et en soi dans un authentique respect de l'enrichissante différence de l'autre.

 

Alors, par notre volonté, nous verrons se réduire l'exclusion.

 

Et laissons la révolution à ceux qui aiment à tourner en rond, qui aiment l'incessant cycle des constructions, destructions, reconstructions, qui dans leur égocentrisme n'ont de considération que pour leur pouvoir à se fasciner eux même.



11/08/2011
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